Loi APER : qui est concerné, à quelles échéances, et ce que coûte le retard
Par HELIA Conseils ·
La loi d'accélération de la production d'énergies renouvelables oblige progressivement les entreprises à équiper leurs parkings et leurs bâtiments. Deux questions se posent concrètement : est-ce que mon site est concerné, et à partir de quand. Voici les seuils, les dates et les sanctions, puis ce qu'il faut vérifier avant de lancer quoi que ce soit.
Ce que la loi impose, en une phrase
Deux obligations distinctes coexistent, et on les confond souvent. La première porte sur les parkings extérieurs, qui doivent être couverts d'ombrières produisant de l'énergie renouvelable. La seconde porte sur les bâtiments non résidentiels, dont les toitures doivent intégrer du photovoltaïque ou de la végétalisation.
Elles n'ont ni les mêmes seuils, ni les mêmes dates, ni les mêmes sanctions. Un même site peut relever des deux.
Parkings extérieurs : deux échéances à retenir
| Surface du parking | Conformité exigée au | Sanction maximale |
|---|---|---|
| Plus de 10 000 m² | 1er juillet 2026 | 40 000 € par an |
| De 1 500 à 10 000 m² | 1er juillet 2028 | 20 000 € par an |
Ces dates ne sont pas celles où il faut lancer le projet : ce sont celles où le site doit être en conformité. À partir de là, il peut être contrôlé et sanctionné. Les travaux doivent donc être terminés avant, pas simplement engagés.
Pour la tranche de 1 500 à 10 000 m², 2028 peut sembler loin. Un projet d'ombrières sur un parking de plusieurs milliers de mètres carrés se compte pourtant en mois entre l'étude, l'autorisation d'urbanisme, la commande et le raccordement. Deux ans, sur ce type d'opération, n'est pas un délai confortable.
Pour les parkings de plus de 10 000 m², l'échéance est déjà passée.
Bâtiments non résidentiels : le neuf d'abord, l'existant ensuite
| Type de bâtiment | Seuil | Conformité exigée au |
|---|---|---|
| Construction neuve | Plus de 500 m² | 2025 |
| Bâtiment existant | Plus de 500 m² | 1er janvier 2028 |
Le taux de couverture exigé sur les toitures de bâtiments neufs non résidentiels est passé à 40 % au 1er juillet 2026. Ce n'est pas un chiffre figé : la trajectoire est croissante, et c'est elle qui doit guider le dimensionnement d'un projet plutôt que le seuil du jour.
Ce que « couvrir 50 % » veut dire exactement
Sur les parkings, l'obligation porte sur la moitié de la surface. Une souplesse existe : il est possible de combiner ombrières photovoltaïques et végétalisation pour atteindre ces 50 %, à condition que le photovoltaïque couvre au minimum 35 % de cette moitié, soit 17,5 % de la surface totale du parking.
Cette souplesse est mal connue, et elle change l'économie de certains projets. Sur un site où la portance du sol, les réseaux enterrés ou la circulation des poids lourds compliquent l'implantation d'ombrières sur toute la surface, elle permet de rester conforme avec une installation plus petite.
Les sanctions
Elles sont annuelles et reconduites tant que la situation n'est pas régularisée, ce qui change la nature du calcul. Une amende ponctuelle se compare à un investissement. Une pénalité annuelle se compare à une charge d'exploitation, et elle finit mécaniquement par coûter plus cher que les travaux.
Sur un parking de plus de 10 000 m², 40 000 € par an atteignent le prix d'une installation en quelques exercices, sans qu'aucun kilowattheure n'ait été produit.
Avant de lancer un projet : trois vérifications
L'obligation crée une urgence. Elle ne dispense d'aucune des questions techniques qui déterminent le coût réel.
Sur un parking, la portance des sols, les réseaux enterrés, les contraintes de circulation et l'autorisation d'urbanisme conditionnent l'implantation. Le sujet est traité en détail sur notre page consacrée à l'ombrière photovoltaïque.
Sur une toiture, la question préalable est l'aptitude du support : présence d'amiante, portance de la charpente, durée de vie résiduelle de l'étanchéité. Une obligation de couvrir sa toiture ne rend pas cette toiture apte à être couverte. Quand elle ne l'est pas, la réfection de toiture industrielle précède la pose.
Dans les deux cas, le dimensionnement se cale sur votre courbe de consommation et pas seulement sur la surface disponible : une installation conçue pour cocher une case réglementaire produit rarement la meilleure économie. C'est l'objet d'une étude de faisabilité menée avant toute consultation d'installateurs.
Les questions que se posent les exploitants
Oui : il doit être en conformité au 1er juillet 2028. C'est la date à laquelle le site peut être contrôlé, les travaux doivent donc être terminés avant. Compte tenu des délais d'étude, d'urbanisme et de raccordement, engager la réflexion en 2026 ou 2027 reste raisonnable.
La sanction est financière, annuelle, et reconduite jusqu'à régularisation. Elle peut atteindre 40 000 € par an pour les parkings de plus de 10 000 m² et 20 000 € par an pour la tranche inférieure.
Partiellement. La combinaison est admise pour atteindre les 50 %, à condition que le photovoltaïque représente au moins 35 % de cette moitié. Le tout-végétal ne permet pas de se conformer.
L'obligation ne disparaît pas parce que le support est inadapté. Elle rend simplement le projet plus long et plus coûteux, puisqu'il faut traiter la toiture avant de la solariser. C'est la raison pour laquelle le diagnostic du bâti doit précéder le chiffrage, et non l'inverse.
Pour des ombrières de parking, oui dans la grande majorité des cas. Le délai d'instruction fait partie du calendrier du projet et il est régulièrement sous-estimé par les exploitants qui découvrent l'obligation tardivement.
Situer votre site par rapport à l'échéance
Surface de parking, surface de toiture, date de construction du bâtiment : ces trois informations suffisent à dire de quelle obligation vous relevez et à quelle date, avant tout chiffrage.
Un parking ou un bâtiment dont vous ne savez pas s'il est concerné ? → Faites le point sur votre site
Un projet photovoltaïque sur votre bâtiment ou votre parking ?
HELIA Conseils fait le point sur votre site avant que vous ne signiez quoi que ce soit.
